Comment marcher avec une béquilles avec surcharge de poids sur une seule jambe ?

Homme d'âge moyen marchant avec une béquille dans un couloir de rééducation hospitalière, démontrant la technique de report de poids sur une jambe

Après une fracture, une opération du genou ou une entorse sévère, le médecin peut autoriser un appui partiel sur la jambe blessée. Marcher avec des béquilles en reportant une surcharge de poids sur une seule jambe saine demande une technique précise. Une mauvaise posture fatigue les bras, irrite les aisselles et peut provoquer une chute. Voici comment procéder, étape par étape.

Réglage des béquilles avant la première mise en charge

Avant de poser un pied au sol, vérifiez que vos béquilles sont adaptées à votre taille. Un mauvais réglage transforme chaque pas en effort inutile et augmente le risque de déséquilibre.

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Tenez-vous debout, le dos droit, les bras le long du corps. Le haut du coussinet doit laisser passer deux à trois doigts entre lui et votre aisselle. La poignée se situe au niveau du poignet, coude légèrement fléchi.

Votre poids repose sur les poignées, jamais sur les coussinets. Appuyer sous les aisselles comprime le nerf radial et peut provoquer des fourmillements dans les mains. Si vous ressentez un engourdissement après quelques minutes, c’est le signe que vous vous appuyez trop haut.

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Placez les embouts en caoutchouc entre dix et vingt centimètres à l’extérieur de chaque pied. Cette largeur crée un triangle de stabilité entre vos deux béquilles et votre jambe d’appui.

Technique de marche avec béquilles et appui partiel sur la jambe blessée

Vous avez déjà remarqué qu’en boitant naturellement, le corps penche du côté opposé à la douleur ? Avec des béquilles, le principe est le même, mais les bras remplacent cette compensation instinctive.

Comprendre la mise en charge partielle

Le thérapeute détermine le pourcentage de poids autorisé sur la jambe blessée. Sans indication précise, retenez cette progression courante :

  • Appui léger (contact au sol) : seul l’orteil touche le sol pour l’équilibre, sans poids réel. Imaginez un oeuf sous le pied que vous ne devez pas écraser.
  • Appui partiel : vous pouvez supporter jusqu’à la moitié de votre poids sur la jambe blessée, le reste passe dans les béquilles.
  • Appui complet toléré : vous posez le pied normalement, en utilisant les béquilles uniquement pour soulager la douleur.

Respectez le niveau d’appui prescrit par votre médecin. Brûler les étapes peut compromettre la consolidation osseuse ou la cicatrisation ligamentaire.

Le mouvement pas à pas

Plantez les deux béquilles devant vous, à une trentaine de centimètres. Avancez la jambe blessée jusqu’au niveau des béquilles. Transférez votre poids sur les poignées et sur la jambe blessée (selon le niveau d’appui autorisé). Amenez ensuite la jambe saine devant les béquilles.

La jambe saine supporte la surcharge à chaque cycle de marche. C’est elle qui propulse le corps vers l’avant. La jambe saine passe toujours en dernier et dépasse les béquilles, ce qui maintient le rythme et l’équilibre.

Femme utilisant une béquille axillaire en extérieur sur un trottoir, pratiquant la marche avec surcharge de poids sur une seule jambe en environnement urbain

Escaliers et obstacles avec surcharge sur une jambe

Les escaliers concentrent la majorité des chutes chez les utilisateurs de béquilles. La règle mnémotechnique est simple : la bonne monte, la mauvaise descend.

Monter un escalier

Posez la jambe saine sur la marche supérieure. Poussez sur cette jambe pour monter le corps. Ramenez les béquilles et la jambe blessée sur la même marche. Si une rampe est disponible, tenez-la d’une main et regroupez les deux béquilles dans l’autre.

Descendre un escalier

Placez d’abord les béquilles sur la marche inférieure. Descendez la jambe blessée. Puis descendez la jambe saine. En descente, les béquilles absorbent le choc avant la jambe saine. Prenez votre temps, une marche à la fois.

Passer de deux béquilles à une seule : la transition souvent mal gérée

Les guides classiques détaillent l’usage de deux béquilles, mais peu expliquent le passage à une seule. C’est pourtant une étape décisive dans la reprise d’autonomie.

Quand le thérapeute autorise l’appui complet toléré, vous pouvez envisager de retirer une béquille. La béquille restante se place du côté opposé à la jambe blessée. Ce placement reproduit le balancement naturel des bras pendant la marche.

Avec une seule béquille, le schéma change : avancez la béquille et la jambe blessée en même temps, puis la jambe saine. Le poids se répartit entre la béquille et la jambe blessée, ce qui soulage la surcharge sur la jambe saine.

Si la douleur augmente ou si vous boitez de manière prononcée, reprenez les deux béquilles. La transition n’est pas linéaire : certains jours, la jambe tolère plus d’appui que d’autres, en fonction de la fatigue et de l’inflammation.

Physiothérapeute guidant un patient âgé utilisant une béquille dans un gymnase de rééducation, apprentissage de la marche avec surcharge de poids sur une jambe

Erreurs fréquentes qui aggravent la surcharge sur la jambe saine

La jambe qui compense finit par souffrir aussi. Douleurs au genou sain, tensions dans la hanche opposée, lombalgie : ces signaux indiquent souvent un défaut de technique ou un usage prolongé sans pause.

  • Enjamber trop loin devant les béquilles, ce qui déplace le centre de gravité et force la jambe saine à rattraper le déséquilibre.
  • Serrer les béquilles contre les côtes au lieu de les garder légèrement écartées, ce qui réduit la base de sustentation.
  • Porter des chaussures sans semelle antidérapante, surtout sur sol mouillé ou carrelage lisse.
  • Négliger les exercices de rééducation prescrits par le kinésithérapeute, qui préparent la jambe blessée à reprendre progressivement sa fonction d’appui.

La récupération commence par un travail d’appui progressif, pas par une marche fluide. Les premiers jours, la progression est lente, et c’est normal. La gestion de la douleur et le renforcement musculaire précèdent la reprise d’une marche autonome.

Pensez aussi à alterner marche et repos. La jambe saine n’est pas conçue pour supporter le double de charge pendant des semaines sans répit. Des pauses régulières, associées à des exercices de mobilité de la cheville et du genou blessés, accélèrent le retour à un appui équilibré sur les deux jambes.